Monsieur Job

Librement inspiré du livre de Job

Il y avait, à Richeville, un homme religieux et fortuné qu’on appelait Monsieur Job. Il était issu d’une famille aisée et sa fortune était immense. Président d’une fabuleuse entreprise dans laquelle s’affairaient des centaines de personnes, il travaillait dans le but d’élever honorablement ses enfants.
Un jour, pourtant, cette vie noble et riche bascula.
Un vendredi après-midi, vers 15 h, alors que Monsieur Job était en voyage d’affaires, on entendit à Richeville une déflagration si puissante que toute vie s’arrêta net l’espace d’un instant. Des vitres volèrent en éclat, des murs se lézardèrent. Un grand vent de panique et d’épouvante s’empara de toute la cité. Les gens affolés hurlaient, couraient dans tous les sens, ne sachant s’il valait mieux chercher un abri ou rester à découvert.
Monsieur Job ne prit connaissance de cette catastrophe que dans la soirée alors qu’il suivait distraitement les informations télévisées. Il fut pris d’un malaise en regardant sur son écran le reportage du désastre. Il se précipita sur son téléphone portable mais personne ne répondit à ses appels. Sous l’effet d’une inquiétude insupportable, il s’empressa de quitter l’hôtel dans lequel il avait pris pension pour quelques jours, gagna l’aéroport et s’embarqua sur le premier vol qui offrait une place disponible pour rentrer chez lui. A Richeville, c’était la consternation. De nombreux contrôles de police orientaient les déplacements des gens : parents inquiets, pompiers, ambulanciers, médecins, bénévoles chargés d’une mission sur le terrain ou simples curieux. Monsieur Job fut dirigé vers un quartier de la ville où les secours s’étaient organisés pour toutes les victimes évacuées. Tard dans la nuit, il retrouva sa femme en pleurs qui lui annonça la terrible nouvelle : ses fils avaient trouvé la mort lors de l’explosion de l’entreprise dans laquelle ils travaillaient. Monsieur Job tomba à genoux, se prit la tête dans les mains et implora Dieu :
– Tout ce que j’ai, Seigneur, c’est toi qui me l’as donné et aujourd’hui c’est toi qui me le reprends. Soit béni Seigneur car rien de mauvais ne peut venir de toi.
En faisant cette prière, il resta l’humble serviteur de la volonté divine.
Ensuite, tout alla très vite : le deuil, les condoléances, la reprise du travail et les conséquences du drame. Monsieur Job déploya une grande énergie. Du matin au soir, il s’activait fébrilement mais il avait le cœur brisé. Peu à peu sa santé se détériora jusqu’au jour où les médecins décelèrent chez lui une maladie invalidante. Monsieur Job pensa :Job-2
– Nous accueillons le soleil, la joie et le bonheur comme un don de Dieu, pourquoi n’accepterions-nous pas d’un même cœur la pluie, la tristesse et le malheur ?
En cela, il fut héroïque.
C’est en cette période de grande misère que le courrier annonça la visite d’un de ses amis qui, ayant eu connaissance de sa détresse, souhaitait le réconforter. Un après-midi, il arriva et fut très chagriné de découvrir son compagnon dans un état si pitoyable. Monsieur Job se lamentait en lui-même :
– Est-ce pour en arriver là que la vie nous est donnée ? Qu’ils sont bienheureux ceux qui n’ont jamais vu le jour ; ils ne connaissent pas la maladie, ne croulent pas sous le poids des échecs et ne pleurent pas leurs enfants perdus.
Son ami tenta de le raisonner :
– Si tu te trouves aujourd’hui dans cet état misérable c’est que tu as certainement commis quelque faute envers un faible, un pauvre, un étranger ou l’un des tiens. Réconcilie-toi avec Dieu et tout ira bien pour toi.
Monsieur Job reprit sa plainte :
– Je suis innocent, je n’ai pas mérité les peines que j’endure. Quel pénible consolateur tu fais ! Tes paroles n’enlèvent pas ma peine. job
C’est alors que Dieu lui-même se fit entendre :
– Qui êtes-vous pour critiquer mon œuvre ? Avez-vous fondé la terre et les flots ? Avez-vous donné des ordres au soleil pour qu’il se lève ? Avez-vous semé la neige et la rosée du matin ? Est-ce vous qui avez réglé le chemin des étoiles ? Que savez-vous du vol des oiseaux et de la force des chevaux ? »
Alors Monsieur Job répondit au Seigneur :
– Nous sommes bien peu de chose en effet. Tout est possible pour toi Seigneur. Tes œuvres nous dépassent. Nous avons parlé sans savoir. Je vois maintenant que tu es tout-puissant. Je m’incline devant tes décisions. Je ne me plaindrai plus.
Tandis que son ami s’éloignait discrètement, Monsieur Job retrouva la paix du cœur et la journée se termina dans la sérénité.
Bientôt le Seigneur redonna la santé à son ami fidèle. Il lui accorda une nouvelle vie, pleine de ses bénédictions.VÉRONIQUE

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