Noël, un ange et un pèlerin

Je vais te raconter une histoire à la façon des conteurs d’avant. Ferme les yeux et imagine un tout petit enfant perdu dans l’immensité des cieux. Bien certainement c’était un ange, quoique d’aucuns le nient encore.
Il avait passé toute la nuit en louange et maintenant s’inquiétait fort car, son escapade achevée, il n’avait plus mémoire de quelle route il lui fallait emprunter.
Il s’assit sur un nuage et commença une prière.

Un brave pèlerin dans les parages le vit et s’exclama surpris : « Que voilà une étrange chose ! Un gamin qui vole dans les airs !
–     Monsieur s’il vous plaît, aidez un pauvre séraphin qui ne trouve plus son chemin.
–    Ma foi, répondit le pèlerin mon voyage peut bien attendre mais, au risque de me méprendre, tu es un drôle de cachottier : pourquoi donc t’es-tu envolé si loin de ta communauté ?
–    C’était pour mieux chanter dans le calme et l’humilité car ils sont tous si affairés qu’on ne peut plus avoir la paix ! »

Il descendit de son perchoir et à l’homme donna la main. Ils marchaient avec entrain, l’enfant et le petit vieillard.
–     Toi qui vis sur la terre, demanda le bambin apporte la lumière sur un très grand mystère que je ne puis résoudre : as-tu déjà eu vent d’un divin avènement qui serait délivrance pour toutes les nations ? Là-haut on en parle souvent. Ça fait des siècles qu’on attend. J’en entends l’écho depuis ma naissance et depuis peu c’est l’agitation !
–    Je ne sais pas de quoi tu parles… Là-bas regarde ! On dirait une étable ! »

Il faisait déjà nuit noire et le vent soufflait comme un enragé mais le ciel étoilé était plus beau que dans tous les contes de fée.
Ils s’approchèrent du bâtiment illuminé d’une grande clarté, et découvrirent un enfant, un enfant nouveau-né. Il était couché dans de la paille et sa mère, près de lui le contemplait de ses yeux doux. L’ange, à cette vue, tomba à genoux comprenant tout à coup que c’est dans cette humilité, dans cette étable toute crottée que devait venir le Messie pour mieux au monde se donner, pour que l’amour soit sanctifié.
Empli d’une grande paix, il allait s’en aller quand il se rappela son brave compagnon.
–    Adieu, mon bon ami dit-il à celui-ci, je retourne chez les miens mais ne t’oublierai pas parole de Gabriel !
–    Ah, je connais enfin ton nom ! Moi, je m’appelle Arthur. Eh bien, va ! Mais, dis-moi, comment feras-tu ? Tu n’as pas de chemin !
–    Je suivrai son étoile, bien sûr !

Et sur ces mots, il s’envola aux confins du ciel sous le regard du pèlerin, lequel reprit la route chantant une ritournelle, le cœur fort et joyeux.

Myriam Delvarre

Crèche

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