Réjouissances

C’est un petit village lové dans les collines
Comme le promeneur en voit dans cette région.rejouissances-2
Ses sentiers pleins de charme, de terre et de cailloux
Quoique difficilement praticables sur roues
Côtoient des pâturages où poussent les chardons
Et le long des ruelles, les maisons très anciennes
Semblent porter en elles la mémoire des siècles
Tout comme leurs vieilles pierres abritent le lichen.

C’est un soir d’été et sous le ciel bleu
Quelques enfants encore s’attardent à leurs jeux.
C’est un jour ordinaire ; la vie s’écoule paisible
Dans le calme serein de l’humble quotidien.
Ayant beaucoup à faire dans leur habitation
De nombreux villageois sont retournés chez eux
Où ils vaquent tranquilles à leurs occupations.
Dehors, un souffle vespéral agite les feuillages
Que les arbres balancent, dans une simple harmonie
Aux caprices du vent, qui est un bon ami.
Admirez quelle quiétude couve ce paysage !
Car serait-ce dans les rues ou bien dans les nuages
Rien ne vient à troubler le repos doux et sage
Qui rythme chaque jour la vie de ce village.

C’est alors que résonne dans le soir profond
Un cri : « Le voilà qui vient, il est de retour ! »
Un gamin, excité et le souffle court,
Vient d’appeler aux alentours.réjouissances
Il apparaît bientôt courant sur le chemin
Et, pareil à ces vigiles des temps anciens
Il annonce avoir vu quelqu’un à l’horizon.
On dit qu’une nouvelle
Se répand comme une traînée
De poudre. Celle-là allume des étincelles
Au creux de chaque foyer
Tandis que le jeune messager
La transmet de porte en porte
Ainsi que les athlètes depuis l’époque antique
Se passent avec feu la flamme olympique.

Aussitôt c’est l’effervescence.
Les gens sortent de leur maison avec étonnement.
Et l’on se prépare à des réjouissances
Où chaque geste déjà préfigure une danse
Faisant toute une fête de l’heureux événement.
Puis l’on se réunit sous un croissant de lune
Pour chanter, célébrer, savourer la présence
De celui espéré depuis bien des années.

A cet instant le monde est rempli de lumière.
On a pour l’occasion sorti les lumignons
Dont la chaude lueur tout doucement éclaire
Le bonheur de ceux qui vivent en communion.
Les lampes brillent dans le soir sous le regard des cieux
Mais combien plus ardente est la flamme de joie
Qui du cœur des convives se reflète en leurs yeux !
Cela fait comme un hymne qui s’élève, mélodieux
Et l’univers entier, touché par sa beauté
Se joint alors à eux, en y mêlant sa voix.

Myriam Delvarre

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