La maison

Texte de Véronique

« J’ai désormais choisi et consacré cette maison afin que mon nom y soit à jamais » 2 Chroniques 7,16.

 La maison est mon lieu de vie. Alors que certains la quittent le matin pour y rentrer le soir, moi j’y demeure. J’apprivoise son espace, je l’habite et le modèle au gré de nos besoins. La maison prend ainsi différents visages au fil des jours et des saisons.

Maison-cantine où l’on élabore et confectionne chaque jour des     menus variés servis à la table commune, aux heures fixées… Maison-auberge, accueillante pour les amis de passage, exhibant jolie nappe et vaisselle distinguée, belles serviettes et bougies parfumées… Maison-remue-ménage quand tout est chamboulé, déplacé, entassé à l’heure des serpillières et des balais… Maison-atelier qui, laissant libre cours aux créativités, se peuple de carton, de verre et de papier, de pinceaux, de peinture et de vernis, d’outils, d’instruments et autres matériaux… Maison-théâtre pour des répétitions de chants ou la lecture de textes enrichissants… Maison-chantier lorsque de gros travaux viennent l’améliorer… Maison de repos, musique ou télé, tandis que le travail enfin est achevé… Maison de vacances où, lorsque le soleil brille, chacun peut apprécier son jardin ombragé… Maison-chapelle quand s’installe le silence et qu’ensemble on se tourne vers le Seigneur… Maison d’apparat à Noël et aux anniversaires dès que guirlandes et lumignons transforment l’atmosphère.

De toutes ces facettes retenons cependant que la maison est au service de ceux qui l’habitent, don de Dieu pour notre vie humaine. C’est un havre qu’il fait bon retrouver lorsque pour un temps on s’en est éloigné.

Texte de Myriam

 Si vous regardez dans le dictionnaire, vous verrez que la maison est définie comme un bâtiment que l’on habite. Un sens assez réducteur à mon avis et qui n’est pas du tout évocateur de ce qui me vient à l’esprit lorsque j’entends ces deux mots cheminant de concert à la fin d’une phrase. « La maison », c’est un espace de liberté, véritable berceau d’élans à déployer, le QG convivial d’une communauté.

Je n’ai jamais connu il est vrai les parents absents du logis, les pièces vides et silencieuses avec la liste de courses épinglée dans la cuisine pour toute compagnie. Il y a toujours eu quelqu’un pour moi de l’autre côté de la porte d’entrée, quelqu’un avec qui il était bon de s’asseoir et d’échanger. Ainsi, lorsque mon chauffeur me ramenait du lycée, j’avisais toujours avec plaisir mon honnête maisonnette qui, à l’instar de celles que l’on trouve dans les contes de fées, ne payait pas de mine, excentrée de la ville, mais dont j’imaginais très bien la vie simple et tranquille, sobre, foisonnante et cachée.

Quelques années se sont écoulées depuis la fin de ma scolarité. Je suis restée à la maison où j’apprivoise jour après jour le temps qui m’est donné. Bien sûr, cela m’a éloignée des parcours d’usage, des grands axes balisés et des réalités de vie de la société. Mais ce dont je m’aperçois aujourd’hui, c’est que rien ne pourra ternir l’image de ce foyer qui m’est si cher, que j’ai reçu comme un cadeau, une grâce particulière, le terrain d’un amour qui attend de germer.