L’atelier d’écriture

Texte de Véronique

Un encart dans le programme de l’office de tourisme attire mon regard : juillet – atelier – écriture – invité. Il n’en faut pas plus pour me décider car déjà ces quelques mots renferment les promesses d’un labeur enchanté et je sais que ma fille y sera favorable.

La table est dressée dans un jardin ombragé où quelques amateurs sont déjà rassemblés. L’animatrice, énigmatique, nous a réservé quelques tâches de choix suscitant des questions au plus profond de soi. Les exercices imposés, au fil des heures, engagent à révéler ce qui sommeille en nous, découvertes inattendues de styles, d’expressions, d’imagination ou de réalités jusque-là ignorées.

À l’issue du temps déterminé, posez vos stylos, laissez vos papiers, soufflez, relâchez, souriez. Oui, le sourire s’est imposé, celui d’avoir cherché et trouvé, de s’être livré sans regret.

Le temps d’un jus de fruit et l’on est invité à partager, en toute simplicité, nos écrits plus ou moins raturés, nos expressions rustiques ou inachevées. Et là c’est l’apogée : une généreuse moisson de précieux énoncés très variés nous contraint à l’admiration. « Ah, que n’ai-je écrit moi-même ce bijou que j’entends ! » voilà mon plus beau compliment.

Des souvenirs d’enfance aux élucubrations fantaisistes, tout nous séduit et nous ravit. L’atelier d’écriture a gagné son pari. Chacun s’est dévoilé et les trésors glanés dans la diversité ont rempli de merveilles une journée d’été ouvrant sur l’avenir la possibilité de rédiger quelques nouveaux feuillets.

Texte de Myriam

Tout le monde arrive à point nommé chez l’hôte de cette journée pour s’essayer à l’aventure qu’est l’atelier d’écriture. L’animatrice prend la parole, explique avec soin le sujet et, comme une maîtresse d’école, précise le temps qui est donné. Alors on entend des soupirs, des « oh là là ! c’est compliqué… » et des silences méditatifs pleins de pensées vagabondant. Bientôt les mots s’envolent, les stylos grattent le papier, certains à une vitesse folle tandis que fusent les idées, d’autres remplissant le blanc de leur page à une allure plus modérée. Ami, fais confiance à tes mots, c’est là la règle d’or ; ils ne seront jamais ni trop lourds ni trop légers, ni trop terre-à-terre ni trop exaltés, ni trop banals ni trop ampoulés. Perçois-tu leur musique ? Voilà qu’ils se mettent à danser au rythme d’une valse à trois temps. Laisse-les t’emporter là où tu veux aller, et peu importe que ce soit hors des sentiers battus. Laisse-les te montrer ta liberté.

Le temps est écoulé. Chacun lira s’il le désire ce qu’il a mis sur le papier et l’on découvrira avec plaisir ces chefs-d’œuvre improvisés construits comme par magie à partir de rien ou plutôt avec la richesse insoupçonnée de chacun. Texte rose, texte noir, récit fantastique ou philosophique, chacun apporte sa pierre à l’édifice, éclairant le sujet d’une lumière nouvelle, tel un vitrail aux mille fragments. Et l’on s’émerveillera de ces perles de poésie habilement jetées parmi les lignes impromptues : l’atelier d’écriture nous a fait ouvrir nos tiroirs et à notre grand étonnement, nous y avons mutuellement découvert, eh bien… plus de trésors que nous n’oserions croire.