Le marché

Texte de Véronique

Marché aux fruits, marché aux fleurs, marché couleur, marché aux puces et aux astuces. Comme le disait Henri Dès dans une de ses chansons « Au marché, au marché, tu peux, tu peux tout trouver ! ».

Moi j’y vais pour un couteau à légumes, une passoire, une recharge de gaz à briquet, des tapettes à mouche.  Je me laisse parfois séduire par la loquacité des bonimenteurs et acquiers l’ustensile indispensable dont je m’étais toujours passé. Parfois c’est une idée bien précise qui me fait arpenter les allées embouteillées : un encrier de porcelaine pour bureau d’écolier, un exemplaire d’Arsène Lupin, des mèches à bois… Il semble peu probable qu’au détour d’un stand on puisse repérer dans un bric-à-brac d’objets hétéroclites juste celui dont on s’était mis en quête. Et pourtant cela nous est arrivé. Je poussais nonchalamment le fauteuil roulant manuel et ma fille regardait plus ou moins distraitement les étalages à sa portée quand son regard fut attiré par un titre… stop… là… cette caisse de livres… recule… oui, c’est bien ça, incroyable : posé au sommet d’une pile, « Orgueil et préjugés » en anglais !

Au marché, au marché, tu peux, tu peux tout trouver…

Amusant le marché côté flâneur mais moins charmant côté vendeur. Marché artisanal, marché de Noël qui régale les yeux des promeneurs, ceux que j’aurais aimé, d’un coup de baguette magique, transformer en acheteurs. On déballe avec enthousiasme des créations issues de notre imagination, on les installe, on les présente, on se trouve beau, on sourit. Les gens passent lentement, regardent ou non, s’arrêtent et complimentent, repartent.

Le temps passe… Ce qu’on expose perd peu à peu de sa valeur à nos propres yeux, on se trouve moins beau. À la fin, on repart penaud au volant de la voiture chargée comme à l’aller.

Ah ! le marché…

Texte de Myriam

Il fait soleil aujourd’hui. Dans le voisinage de l’Hôtel de ville, les rues résonnent d’une alléchante activité. Depuis longtemps déjà, les marchands ont installé leur étal et animent le quartier de leurs cris enjoués. Vêtements, bijoux et sacs à main côtoient les couteaux de cuisine, les pièces de boucher, les fromages, les fruits et légumes aux diverses variétés. On flâne, on s’arrête de temps en temps pour discuter avec quelqu’un que l’on vient de rencontrer ou acheter quelques belles tomates à farcir pour le dîner. Il y aurait tant à voir, tant à sentir, tant à goûter pour celui qui désirerait seulement prendre le temps de visiter ! Les passants se promènent lentement, endimanchés ou en tenue de vacanciers, avec chapeau et sandales aux pieds.

Et quand, lorsque sonnera midi, les commerçants commenceront à remballer leurs marchandises et leur production de la semaine, quand ils replieront leur présentoir et s’en iront au volant de leur camion dûment chargé, ils emporteront avec eux un petit peu du parfum de l’été.