Le salon de thé

Texte de Véronique

Impossible de me rappeler notre première rencontre avec un salon de thé. Elle fut sans doute déterminante car désormais il ne se passe pas un été sans que nous ne testions ces lieux propices aux goûters.

Comme un bonbon, comme une sucrerie, le temps passé au salon de thé est le dessert d’une journée de découverte ou de promenade, un temps sans horaire, un arrêt sur pause.

Thé vert ou thé noir ?

Thé à la menthe, à la cerise ou à la noisette ?

Petits fours ou biscuits secs ?

Le salon de thé nous propose un moment de gaieté.

Au fil de nos visites, nous avons établi une grille d’appréciation.  Une note pour l’accessibilité : le seuil est-il de plain-pied ? Les tables sont-elles bien espacées ? Une note pour l’accueil, une autre pour la carte, pour le service, pour le décor et pour la qualité mais, ce qui est plus important, c’est de noter le sentiment de se sentir chez soi ailleurs, noter cet instant de bonheur qui deviendra un souvenir gravé au cœur.

Texte de Myriam

« Aujourd’hui, c’est les vacances, me dit Maman d’un air complice. Viens, je t’emmène au salon de thé. »

Le salon de thé ! Des mots magiques qui me suffisent sur le champ à évoquer un petit monde à part, où l’on est invité, où tout vous a un air charmant de qualité, où l’on peut regarder la vie par la fenêtre, savourer un muffin et l’air de joie tranquille qui imprègne la pièce. Je crois que je vais passer une excellente journée !

Nous nous rendons en ville et ne tardons pas à le trouver. C’est comme je me l’étais imaginé : les murs aux teintes automnales procurent à l’endroit une impression de grandeur et lui donnent une touche de modernité. Au centre de la pièce, un lustre est accroché. Nous nous asseyons. Le fauteuil rentre bien sous la table. Maman me dédie un sourire : 5/5 à présent, semble-t-elle me dire.

Je commande un thé Earl Grey, Maman un chocolat chaud. La serveuse reparaît bientôt avec un plateau, une tasse, une théière et un petit pot. « On s’occupe du chocolat » dit-elle. Je la regarde verser une partie du thé pour en remplir ma tasse, comme si c’était de l’hydromel. Un beau liquide ambré s’écoule, aussi fluide que du miel. Je savoure à l’avance le délice raffiné que ses mille nuances me laissent présager. Ce travail terminé, elle repart aussitôt, à la recherche du chocolat chaud. Sans mot dire, j’ajoute un sucre, je saisis ma cuillère qui teinte joliment sur le bord de ma tasse lorsque je l’use à mélanger. Ce moment est le mien, il est à partager. Je souris à Maman qui, le visage riant, me dit : « Profite, Mimi ! »